Monday, 24 February 2014

Danser sur des lettres d’amour et de haine: Portrait Jens van Daele



Danser sur des lettres d’amour et de haine:

Portrait Jens van Daele



Traduit par Anthony Chenevard

En 2011, le chorégraphe belge Jens van Daele recevait un message d’une danseuse sud-africaine autrefois rencontrée au sein de la Flat Foot Company de Durban qui s’efforce de rassembler des individus de tous horizons grâce à la danse. Cette amie voulait partager une lettre d’amour qu’elle avait reçue.

Voici un film de deux minutes, l’enregistrement de la lettre qui a inspiré un chorégraphe international et réuni musiciens et danseurs à travers l’Europe entière pour collaborer et présenter ce spectacle à Genève, en Suisse, du 27 février au 2 mars 2014.






Lorsque Jens lut la lettre pour la première fois, il demanda aux membres de sa compagnie de danse, Burning Bridges, d’écrire des lettres d’amour et des lettres de haine. Après que celles-ci furent écrites, il invita les danseurs à danser les lettres, à les interpréter, et de cette performance émergea une chorégraphie. Le résultat : Portrait Jens van Daele, représente quatre jours de danse et de musique au Théâtre du Galpon, en collaboration avec les musiciens franco-suisses de l’Ensemble Batida.














Le sacre du printemps, par Jens van Daele, Durban, Afrique du Sud, et Spring (Two) Matter, Amsterdam, Pays-Bas.


 L’Ensemble Batida

C’est à Genève, de l’autre côté de l’Arve entre les murs du Théâtre du Galpon, que s’est installé l’Ensemble Batida. C’est en ce lieu également que se déroulera la performance orchestrée par Jens van Daele, après l’accomplissement d’un long chemin, depuis l’Afrique du Sud où cette création prend ses racines. Voici ma rencontre avec l’Ensemble Batida.





L’Arve, au bord de laquelle s’est installé le Théâtre du Galpon, à Genève.



L’Ensemble Batida sur scène, en Afrique du Sud.

En compagnie de l’Ensemble Batida au Théâtre du Galpon.


  Alexandra Bellon, percussionniste.

Pour la percussionniste du groupe, Alexandra Bellon, que j’avais déjà eu l’occasion de rencontrer, la performance de ce weekend est avant tout un échange. Un mélange de musiciens français et suisses, de danseurs de l’Académie de ArtEz, Arnhem, d’une lettre d’Afrique du Sud suscitant l’inspiration d’un chorégraphe belge. Alexandra envisage ainsi cette production comme un ensemble d’artistes réunis autour de messages universels d’amour et de haine, dans la lignée chorégraphique de Pina Bausch. 

Lors de la conférence de presse, la musicienne introduisit une réflexion sur la question des limites, ou comment l’Ensemble Batida entendait respecter les formes individuelles d’expression que sont l’amour et la haine en leur assignant des rythmiques différentes. Tandis que les danseurs sont contraints par la forme, à savoir cette nature opposée de l’amour et de la haine, les musiciens sont plus libres, nous disait-elle, et peuvent offrir de la fluidité au spectacle.


Anne Briset, percussioniste.

Anne Briset, pianiste de l’Ensemble Batida, est à l’origine du rapprochement avec Jens van Daele, qu’elle rencontra en Afrique du Sud alors où il travaillait en collaboration avec l’Orchestre philarmonique de Durban. Anne voulait travail avec un adaption Le sacre du printemps d’Igor Stravinski pour deux pianos et percussions, correspondant à la formation de l’Ensemble. Lorsque Jens pris connaissance de cette adaptation, il voulut y ajouter la danse. De ce premier contact la collaboration entre l’Ensemble Batida et Jens van Daele évolua, au fur et à mesure des ans. A l’automne 2013, le collectif mettait en scène Spring Tide à Amsterdam puis lors d’une tournée aux Pays-Bas, totalisant 27 représentations et recueillant les éloges de la critique.

Pour notre plus grand plaisir, Spring Tide fera partie des pièces présentées au public ce weekend. Pour plus d’information sur le spectacle et les réservations, vous pouvez bien sûr vous rendre sur le site Internet du Galpon.

L’ensemble franco-suisse continuera par ailleurs de développer leur présence sur la scène internationale en se produisant notamment à Saint-Pétersbourg, lors de l’édition 2015 du Festival ReMusik.







Pour ma part, je m’apprête à interviewer Jens van Daele la semaine prochaine, avant de me lancer dans la critique de l’une des pièces intitulée Battre le Fer/Battre le Noir, présentée jeudi 27 février prochain. Il y a tout juste deux ans, en février 2012, après avoir assisté à cette pièce au Théâtre Bellevue d’Amsterdam, Hans Smit écrivait les mots suivants :

Et le début est toujours aussi paisible : fraternellement, elles se préparent sur le côté droit d’une scène vide, encadrée de verres d’eau magnifiquement illuminés. Mais tandis que le compositeur, Richard van Krusydijk, libère percussions, guitares et claviers, les danseuses ne peuvent s’attarder. Jens van Daele n’épargne pas ses danseurs ; leurs mouvements requièrent force et concentration. Le combat que les deux femmes engagent est physique, total… roulant en apparence hors de tout contrôle, entraînées, relâchées, piétinées – les danseuses portent des talons, si chers à Van Daele… l’éclairage simple révèle sur les murs les superbes silhouettes des deux femmes, glissant l’une vers l’autre, comme si une paix avait été signée.

Si vous êtes à Genève ce weekend, j’espère que vous aurez l’occasion de ne pas manquer ce spectacle. Et si vous êtes ailleurs dans le monde, gardez un œil sur Jens van Daele et l’Ensemble Batida, il pourraient bien arriver chez vous prochainement.


Toute demande à l’ensemble Batida peut leur être adressée à :

Vous pouvez également visiter leur site Internet :

Merci !

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